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Au plaisir de dire


"Au plaisir de dire", Marinette Matthey, Editions de l'Aire 2009

Dans un livre encore tout chaud sorti de presse, la linguiste Marinette Matthey raconte son histoire d'amour avec le verbe. Une histoire singulière et terriblement rassurante pour tous ceux qui sont fâchés avec l'ortograf.

Que faut-il avoir fait comme expériences pour s’intéresser aux langues et au langage comme d’autres observent des fourmis construisant, défendant et faisant vivre leur fourmilière ? Pourquoi et comment en vient-on à adopter un point de vue distancié sur les langues ? Ce « regard éloigné » cher aux ethnologues (l’expression est de Claude Lévi-Strauss), regard qui permet de construire une attitude réflexive, compréhensive face aux faits de langues (dans le sens de chercher des explications et non des excuses !), qui permet aussi de soutenir des positions critiques, souvent minoritaires, par rapport aux explications existantes basées sur des évidences si difficiles à déconstruire. C’est la question que me pose l’éditeur, en me demandant d’y répondre dans une courte autobiographie langagière, texte qui devrait éclairer par en dessous différents écrits (chroniques, mais aussi contributions plus longues destinées à des revues spécialisées, notamment L’Educateur) réunis dans ce livre. C’est une question cadeau, mais une question piège aussi ! J’ai une foule de souvenirs impliquant un lien avec le langage, et certains très anciens. Mais il ne m’est finalement pas facile de les mettre en ordre pour qu’ils fassent sens dans la réponse à la question « Comment devient-on linguiste ? », sans tomber dans la psychanalyse de cuisine ou le narcissisme complaisant. Le fil conducteur que je m’impose est donc de raconter des souvenirs, des anecdotes, qui, de mon point de vue, ont un sens pour expliquer comment se construit le rapport aux langues et au langage de quelqu’un qui finit par devenir linguiste un peu par hasard !

Née au Locle en 1959. Enfance dans le Val-de-Ruz, études de sciences humaines à l’Université de Neuchâtel. Professeure en sciences du langage à l’Université Stendhal Grenoble 3. Tient une chronique hebdomadaire dans Le Matin Dimanche depuis 2007 (A mots découverts), après l’avoir fait dans les années 1990 pour L’Impartial (Le sac à mots), puis L’Impartial et L’Express (Langage).